Prestations complémentaires AVS/AI: ce qu’il faut savoir

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Prestations complémentaires AVS/AI: ce qu’il faut savoir

Prestations complémentaires AVS/AI: ce qu’il faut savoir

En Suisse, des centaines de milliers de personnes pourraient bénéficier de prestations complémentaires à leur rente AVS ou AI et ne les demandent pas. Manque d’information, complexité administrative, sentiment de honte ou crainte injustifiée : les raisons sont multiples. Cet article vous explique ce que sont les prestations complémentaires, à qui elles s’adressent et pourquoi il est si important de ne pas y renoncer.


Une rente AVS ou AI ne suffit souvent pas à couvrir l’ensemble des dépenses du quotidien. Le loyer, les primes de caisse maladie, les soins, l’alimentation — tout cela représente des montants que beaucoup de personnes retraitées ou invalides ne peuvent pas assumer avec leur seule rente. Les prestations complémentaires, appelées PC, existent précisément pour combler cet écart. Pourtant, selon une étude de l’Observatoire national de la vieillesse, environ 230 000 personnes de plus de 65 ans vivant à leur domicile en Suisse y auraient droit mais ne les perçoivent pas — soit près de 16 % des potentiels bénéficiaires.


 

Qu’est-ce que les prestations complémentaires ?

Les prestations complémentaires sont des prestations financières versées mensuellement par les assurances sociales suisses. Leur objectif est simple : garantir à chaque personne qui perçoit une rente AVS ou AI de quoi couvrir ses besoins vitaux lorsque sa rente et ses autres revenus ne suffisent pas à y répondre.

Elles ne sont pas une aide sociale au sens strict, ni une aumône. Elles font partie intégrante du système de prévoyance sociale suisse, ancré dans la Constitution fédérale. Y avoir recours est un droit, pas une faveur.

Le montant annuel des prestations complémentaires correspond à la différence entre les dépenses reconnues par la loi — loyer, nourriture, vêtements, primes d’assurance maladie, frais médicaux — et les revenus déterminants de la personne, incluant sa rente, ses revenus d’épargne et les autres ressources disponibles. En 2025, le montant forfaitaire de référence pour les besoins vitaux est fixé à CHF 20 670 par an pour une personne seule et CHF 31 005 pour un couple.


 

À qui s’adressent-elles ?

Les prestations complémentaires sont ouvertes à toute personne domiciliée en Suisse qui perçoit une rente de l’AVS ou de l’AI, une allocation pour impotent de l’AI ou une indemnité journalière AI depuis au moins six mois, et dont les revenus ne couvrent pas ses besoins vitaux reconnus par la loi.

Une condition importante concerne la fortune : pour en bénéficier, la fortune nette de la personne ne doit pas dépasser CHF 100 000 pour une personne seule, ou CHF 200 000 pour un couple. À noter que l’immeuble qui sert de domicile principal n’est pas comptabilisé dans cette fortune.

Pour les personnes de nationalité étrangère, une condition de séjour s’applique : il faut avoir résidé de manière ininterrompue en Suisse pendant au moins dix ans. Ce délai est réduit à cinq ans pour les réfugiés et les apatrides. Les ressortissants des pays de l’Union européenne et de l’AELE sont soumis aux mêmes règles que les citoyens suisses.


 

Ce que les prestations complémentaires permettent de financer

Au-delà du montant mensuel versé pour couvrir les besoins vitaux, les prestations complémentaires ouvrent droit à une série de remboursements supplémentaires souvent méconnus.

Les frais médicaux et dentaires non pris en charge par l’assurance maladie de base peuvent être remboursés. Les frais liés à l’invalidité également — moyens auxiliaires, aide à domicile, transport médical. La prime de l’assurance maladie obligatoire est prise en charge à hauteur de la prime moyenne cantonale lorsque le montant des PC est insuffisant pour y faire face. Pour les personnes vivant en établissement médico-social, les frais de séjour sont calculés et pris en charge selon des règles spécifiques.

Ces remboursements supplémentaires représentent souvent autant, voire davantage, que le montant de la PC mensuelle elle-même. Ne pas les demander signifie supporter seul des coûts qui pourraient être couverts.


 

Pourquoi tant de personnes y renoncent-elles ?

Les études menées en Suisse sur ce phénomène dit de « non-recours » révèlent des raisons récurrentes et compréhensibles — mais qui reposent souvent sur des idées fausses.

La première est simplement le manque d’information. Selon une enquête récente mandatée par la Confédération, près d’un quart des personnes en situation financière difficile et ne percevant pas de PC n’ont jamais entendu parler de cette prestation. Plus de la moitié de celles qui en ont entendu parler disent n’avoir que peu ou pas de connaissances sur son fonctionnement.

La complexité de la démarche administrative décourage ensuite une part importante de potentiels bénéficiaires. Les formulaires, les justificatifs à rassembler, le vocabulaire juridique — tout cela peut sembler insurmontable, surtout pour des personnes âgées ou peu habituées à ce type de démarches.

La honte ou la crainte d’être stigmatisé joue également un rôle. Certaines personnes assimilent les PC à de l’aide sociale et refusent d’en faire la demande par fierté. D’autres, notamment les personnes étrangères, craignent à tort que toucher des PC nuise à leur droit de séjour — ce qui n’est pas le cas pour les personnes qui y ont légalement droit.

Enfin, une inquiétude fréquemment mentionnée concerne l’obligation de remboursement : certaines personnes craignent de devoir rembourser les PC reçues à leur décès, via leur succession. Cette règle existe mais ne concerne que la fortune successorale dépassant un certain seuil — et elle ne s’applique pas de la même façon dans tous les cantons. Dans la grande majorité des situations, elle ne devrait pas être un frein à la demande.


 

Ne pas attendre: pourquoi c’est crucial

Comme pour l’allocation pour impotent, les prestations complémentaires ne sont pas accordées automatiquement. Elles doivent être demandées. Et contrairement à d’autres prestations, elles ne sont en principe pas versées rétroactivement au-delà du mois de la demande.

Chaque mois qui passe sans demande est un mois de prestation définitivement perdu. Pour une personne seule dont le montant de PC s’élève à quelques centaines de francs par mois, un retard d’un an peut représenter plusieurs milliers de francs non perçus.


 

Comment faire la demande ?

La demande de prestations complémentaires se dépose auprès de l’agence communale AVS ou de l’agence d’assurances sociales du lieu de domicile. Dans certains cantons, c’est la caisse cantonale de compensation qui est compétente. En cas de doute, le médecin traitant, l’assistante sociale de l’hôpital ou les services d’aide à domicile peuvent orienter vers le bon interlocuteur.

Il est conseillé de se faire accompagner dans la constitution du dossier. Pro Infirmis, Pro Senectute et les centres médico-sociaux cantonaux (CMS) offrent tous une aide concrète pour remplir les formulaires, rassembler les justificatifs et comprendre le calcul des droits. Leurs services sont accessibles à faible coût ou gratuitement.

Le site avs-ai.ch, géré par le Centre d’information AVS/AI, propose également un calculateur en ligne anonyme permettant d’estimer rapidement si l’on pourrait avoir droit à des prestations complémentaires — sans engagement et sans enregistrement de données.


Les prestations complémentaires existent pour garantir une vie digne à toutes les personnes dont la rente ne suffit pas. Y renoncer par méconnaissance, par gêne ou par découragement face aux démarches, c’est se priver d’un droit qui a été conçu précisément pour vous. Si vous pensez être concerné, ou si vous accompagnez un proche dans cette situation, faites le premier pas — une simple prise de renseignement ne coûte rien et peut changer beaucoup.


Note : cet article est rédigé à titre informatif. Les situations individuelles varient et les règles peuvent différer selon les cantons. Pour une évaluation personnalisée, contactez l’agence AVS de votre commune, Pro Infirmis ou Pro Senectute.