1. Qu’est-ce que la neuropathie diabétique ?
La neuropathie diabétique est une atteinte des nerfs causée par un taux de sucre (glycémie) trop élevé et prolongé dans le sang. Au fil du temps, l’excès de glucose endommagent les petits vaisseaux sanguins qui nourrissent les nerfs, perturbant leur bon fonctionnement.
C’est l’une des complications les plus fréquentes du diabète : environ 50 % des personnes diabétiques développeront une forme de neuropathie au cours de leur vie. Elle peut toucher différentes parties du corps, mais les pieds et les jambes sont les zones les plus souvent atteintes.
2. Les différents types de neuropathie
Il existe plusieurs formes de neuropathie diabétique :
- La neuropathie périphérique (la plus commune) : elle touche les pieds, les jambes, les mains et les bras.
- La neuropathie autonome : elle affecte les nerfs qui contrôlent les organes internes (cœur, digestion, vessie).
- La neuropathie focale : elle atteint un seul nerf ou groupe de nerfs, pouvant provoquer une douleur soudaine dans une zone précise.
3. Quels sont les symptômes à surveiller ?
Les symptômes varient selon les nerfs atteints. En tant que proche aidant, voici les signes qui doivent alerter :
- Fourmillements et picotements: sensation de « pieds qui s’endorment », souvent plus intense la nuit.
- Brûlures et douleurs: douleurs vives, brûlures ou décharges électriques, surtout dans les pieds.
- Perte de sensibilité: difficulté à ressentir le chaud, le froid ou la douleur — risque de blessures inaperçues.
- Troubles de l’équilibre: instabilité à la marche, risque accru de chutes, faiblesse musculaire.
- Troubles digestifs: nausées, ballonnements, constipation ou diarrhée (neuropathie autonome).
- Rythme cardiaque irrégulier: palpitations ou malaises, surtout en changeant de position.
Une plaie ou blessure sur le pied d’une personne diabétique qui ne guérit pas rapidement doit être montrée sans attendre à un médecin. La perte de sensibilité peut masquer des blessures graves qui, non traitées, risquent de s’infecter sérieusement.
4. Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic repose principalement sur un examen clinique effectué par le médecin ou le diabétologue. Il s’agit d’une démarche simple et non douloureuse qui comprend généralement :
- Un test avec un monofilament (petit fil flexible) pour vérifier la sensibilité au toucher des pieds
- Un test au diapason pour évaluer la sensibilité aux vibrations
- La vérification des réflexes (rotulien, achilléen)
- La mesure de la tension et du pouls aux pieds
Ces examens sont recommandés au moins une fois par an chez toute personne diabétique, même sans symptôme apparent. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande ce dépistage systématique afin d’intervenir le plus tôt possible.
5. Quels traitements existent ?
Il n’existe pas de traitement qui répare complètement les nerfs endommagés, mais plusieurs approches permettent de ralentir la progression de la maladie, de soulager la douleur et de préserver la qualité de vie.
- Contrôle rigoureux de la glycémie. C’est la mesure la plus importante et la seule prouvée pour ralentir l’évolution de la neuropathie. Un bon équilibre glycémique peut stabiliser, voire légèrement améliorer certains symptômes, notamment aux stades précoces.
- Médicaments contre la douleur neuropathique. Plusieurs classes de médicaments sont utilisées : les antidépresseurs (duloxétine, amitriptyline), les antiépileptiques (gabapentine, prégabaline) ou des applications locales (emplâtres de lidocaïne). Le médecin choisit en fonction du profil et des besoins de chaque patient.
- Activité physique adaptée. La pratique régulière d’une activité physique — marche, natation, tai-chi — est reconnue comme un traitement à part entière. Elle améliore la circulation, réduit la douleur et renforce l’équilibre pour limiter le risque de chutes.
- Neurostimulation et techniques non médicamenteuses. La stimulation nerveuse transcutanée (TENS) ou la stimulation médullaire peuvent apporter un soulagement dans les formes douloureuses résistantes. Ces techniques sont proposées par des centres spécialisés dans la prise en charge de la douleur chronique.
- Prise en charge psychologique. Vivre avec des douleurs chroniques peut impacter fortement le moral. Un accompagnement psychologique, notamment par thérapie cognitive et comportementale (TCC), fait partie intégrante d’une prise en charge globale de qualité.
- Contrôle des facteurs de risque cardiovasculaires. Maintenir une pression artérielle et un taux de cholestérol équilibrés, et arrêter le tabac (qui aggrave les lésions nerveuses) sont des gestes essentiels pour limiter la progression de la neuropathie.
« L’objectif du traitement est de réduire les douleurs neuropathiques d’au moins 30 % et d’améliorer le fonctionnement quotidien. La douleur chronique ne doit pas être considérée comme une fatalité. »
— Recommandations de la Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur (SFETD)
6. Comment aider au quotidien en tant que proche aidant ?
Accompagner une personne atteinte de neuropathie diabétique demande à la fois vigilance et bienveillance. Voici les gestes concrets qui font vraiment la différence :
Conseils pratiques pour les proches aidants:
- Inspectez les pieds chaque jour : cherchez rougeurs, plaies, ampoules ou zones gonflées, surtout si la personne ne ressent plus bien ses pieds.
- Choisissez des chaussettes et chaussures adaptées : sans coutures intérieures, souples, bien ajustées pour éviter les frottements.
- Accompagnez aux rendez-vous médicaux : le suivi chez le diabétologue et le podologue est essentiel. Notez les symptômes nouveaux pour en parler au médecin.
- Encouragez l’activité physique douce : une marche quotidienne, même courte, est très bénéfique. Proposez de l’accompagner pour qu’elle soit agréable et sécurisée.
- Vérifiez la température de l’eau : en cas de perte de sensibilité au chaud, la personne pourrait se brûler sans s’en apercevoir.
- Écoutez et soutenez moralement : la douleur chronique est épuisante. Votre présence et votre écoute comptent autant que les soins médicaux.
Rendez-vous aux urgences si vous constatez : une plaie profonde ou infectée sur le pied, un gonflement important, de la fièvre, ou tout malaise inhabituel. Précisez toujours que la personne est diabétique pour orienter la prise en charge.
7. Peut-on prévenir la neuropathie diabétique ?
La bonne nouvelle : oui, dans une large mesure ! La neuropathie diabétique n’est pas une fatalité. Plusieurs mesures permettent de réduire significativement le risque de la développer ou d’en ralentir la progression :
- Maintenir une glycémie stable et bien équilibrée au quotidien
- Suivre régulièrement son traitement du diabète et ne pas l’interrompre sans avis médical
- Pratiquer une activité physique régulière
- Adopter une alimentation équilibrée
- Arrêter le tabac, qui aggrave les lésions vasculaires et nerveuses
- Faire contrôler ses pieds au moins une fois par an chez un médecin ou podologue
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